Commençait alors un autre calvaire.
Car à l’arrière la vie continuait. Les civils n’avaient pas ouvert la parenthèse de la guerre. Loin du front, loin du cœur ! Les fiancés redoutaient la perte de leur promise, les maris de retrouver un lit tiède aux côtés de leurs femmes et les pères de familles des enfants effrayés par la vision d’un revenant qu’ils prendraient pour un étranger…
Et le poilu, qui ne cessait de gloser sur la victoire et n’achevait jamais l’œuvre de reconquête qu’on attendait de lui, finissait par lasser son auditoire !
Le champ de bataille était devenu pour le soldat son nouveau refuge. Avec ses règles et ses codes, ses amitiés, sa sexualité parfois débridée, et ses révoltes aussi qui finissaient parfois devant le peloton d’exécution.
Lorsque l’envahisseur commença de refluer, que les alliés de la France remirent du baume sur leurs espoirs d’en finir, les troupes fatiguées repartirent se battre avec la fierté d’être des hommes d’exception. 
L’histoire les a récompensés.
Pour autant, le retour à la paix leur prit du temps car beaucoup d’incompréhension les attendait. Glorieux, ils devaient maintenant faire face à la grande armée des morts et des disparus, qui leur faisait de l’ombre.
Ils avaient pourtant le devoir de se reconstruire.
Ils étaient les témoins vivants du XXe siècle naissant, les héros de cette guerre.
Mais ils ne seront que des laissés pour compte.

Gérard A. Jaeger


14 – 18
Le grand tourment des hommes

Ils ne sont pas allés se battre la fleur au fusil.
Durant quatre ans, forts de leur conviction patriotique ils se sont forgé une seule conviction : celle de vaincre. Mais ils n’en savaient pas encore le prix.
Ils étaient les poilus de la Grande Guerre.
Cent ans plus tard, ils suscitent toujours le même respect car c’est d’une génération sacrifiée qu’il est ici question.
Depuis le premier jour de la mobilisation, ils ont délaissé leur vie personnelle, leurs projets d’avenir ; ils se sont oubliés pour n’être plus que des hommes corvéables et sans personnalité.
Des soldats, qui ont fini par choisir de vivre au jour le jour afin de ne pas succomber aux tracas de la réflexion, aux persécutions de l’esprit, aux tortures du souvenir.
La tranchée est ainsi devenue leur unique référence, en dépit de l’insalubrité qui la caractérisait. De la déréliction sociale qui la rongeait.
Et cette immixtion quotidienne de l’horreur dans leur existence n’était que le prologue des combats eux-mêmes, qui allaient en faire la proie du canon, les anéantir physiquement et moralement.
S’ils n’étaient pas déchirés dans les réseaux de barbelés, dépecés par les obus, hachés par la mitraille, ils arrivaient en face de l’ennemi qu’ils délogeaient de ses trous à la baïonnette, à la matraque, au corps-à-corps. 
Ils étaient redevenus sauvages, inhumains juste pour ne pas mourir après avoir échappé au pire.
Et quand tout était fini, que les blessés qui n’avaient pas succombé sur le terrain avaient été évacués vers les ambulances de campagne dans d’épouvantables conditions de transport, ces improbables vainqueurs de quelques arpents de leur pays recouvré, méritaient de la patrie quelques jours de permission.

LES POINTS FORTS DE LA REFLEXION HISTORIQUE


Les arguments développés dans cet essai s’insèrent dans la chronologie de la guerre et mettent l’accent sur les conditions de vie des soldats. Ils s’appuient en outre sur des documents privés dont certains avaient le destin d’être offerts à des musées, avant de nous être définitivement confiés.

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